Publié par ABGRALL

Transmettre des connaissances

Préambule

Les articles que vous trouverez ci-dessous ont pour finalité la redaction d'un livre. Ce livre sera édité chez ESF, normalement. Je vous remercie de vos critiques et commentaires.

Depuis le début du siècle, les programmes scolaires essaient de suivre ce mouvement, mais qu’en est-il de la manière de transmettre ces connaissances ? Doit-on transmettre de la même manière ces connaissances quand l’accès aux connaissances est profondément différent depuis la multiplicité des modes d’accès ?

Les enfants ont accès de plus en plus jeune à un nombre d’informations de plus en plus grand et pourtant leur cerveau ne grandit pas au même rythme. Comment ingère-t-il ces informations, les intègre-t-il ? La connaissance est partout, doivent-ils la posséder ou doivent-ils simplement la trouver. Doit-on apprendre ou apprendre à chercher, ou doit-on apprendre à trier ? La connaissance est-elle utile ? Pourquoi apprendre ce que l’on peut trouver sur internet ? « L'école est prise dans ce grand mouvement de déculturation et de désintellectualisation de nos sociétés qui ne lui rend pas la tâche facile. Les élèves ne font que le répercuter avec leur objection lancinante : à quoi ça sert ? Car c'est le grand paradoxe de nos sociétés qui se veulent des "sociétés de la connaissance" : elles ont perdu de vue la fonction véritable de la connaissance. » [1]

La connaissance mondiale double tous les neufs ans, elle prend source dans la formalisation d’une somme de nécessités, la connaissance est le fruit d’un travail théorique et/ou pratique visant à améliorer la compréhension des faits naturels ou sociaux. (Juin 2010, n° 136, ÉCONOMIE et MANAGEMENT/El MouhoubMouhoud[2] Professeur d'économie à l'université Paris Dauphine. Directeur du Groupement de Recherches International du CNRSDREEM). Ce professeur d’économie ajoute plus loin en citation : « La connaissance est fondamentalement une capacité d’apprentissage et une capacité cognitive, tandis que l’information reste un ensemble de données structurées, d’une certaine façon inerte ou inactive, ne pouvant par elle-même engendrer d’autres informations » (Foray, L’Économie de la connaissance, coll. « Repères », La Découverte, 2000.). Grâce à internet, tout un chacun par le biais de Wikipédia par exemple peut enrichir la connaissance mondiale, car accessible pour tous, de ses définitions. Ce qui autrefois était une conversation de quartier devient un blog de discussion entre personnes de tous pays et religion. La connaissance est évolutive et mobile, perpétuellement remise en question. Mais qui tranche, qui détermine si ce savoir est la somme ou la synthèse de réflexion, comment savoir si une notion est celle communément admise ? Finalement, le savoir est celui prôné par « Wikipédia » ? Aujourd’hui, toute connaissance trouvée sur internet doit être recoupée avec plusieurs sources pour vérifier sa véracité. Nous sommes contraints à l’analyse, à réfléchir. Je retiens cette citation de Michel Serres « Nous avons été libérés de l'écrasante obligation de se souvenir. Les nouvelles technologies nous ont condamnés à devenir intelligents [3]». A ce stade l’on peut se demander aussi si le numérique ne nous a pas condamné à devenir pédagogue[I1] . Ainsi apprendre par cœur une définition a-t-il encore du sens, sachant que cette traduction du savoir formalisé en diktat aura sans doute évolué entre le moment où un éditeur l’aura inséré dans un manuel scolaire et le moment ou l’enseignant l’aura transmis à son élève. Si l’enfant doit faire confiance à son enseignant doit-il pour autant rester figé sur une connaissance transmise et elle-même gravées dans le marbre ? Ne devrions-nous pas introduire nos élèves à ce savoir mondial et changeant ?

Toute définition doit être comparée à une réalité et ne doit être apprise que comme un exemple de formalisation du savoir présenté pendant le cours et non pas comme une citation immuable : comme si une variation dans la récitation d’une propriété allait trahir la vision d’un auteur. C’est contraire à la notion même de connaissance qui est évolutive, changeante. Le vrai savoir est celui qui est compris, celui que nous ingérons, que nous mêlons à d’autres connaissances et qui nous permet de comprendre le monde. C’est la digestion de ces nombreuses informations qui engendre un nouveau savoir, il résulte de la réflexion, de nos capacités cognitives à le comprendre. Le savoir est la résultante de la réflexion de milliers et maintenant de milliards de personnes. Ainsi, la connaissance devient autonome et n’appartient plus à une intelligentsia, l’encyclopédie n’est plus la seule référence, il n’y a plus de référence unique. Nous pourrions comparer l’intelligence du monde à l’intelligence humaine : l’information circule entre les partenaires du savoir à l’instar des neurones et il faut un minimum de partenaires dans la construction d’une connaissance pour qu’elle circule dans le WWW. La connaissance est chaque jour soumis a des « agressions » qui tendent à la remettre en cause et c’est le réseau de connexion qui fait du savoir ce qu’il est.

Mais de la penser qu'Internet à une conscience…

[1] Meirieu P, marcel Gauchet, Contre l'idéologie de la compétence, l'éducation doit apprendre à penser

,in Le monde idée du 02.09.2011 Par Nicolas Truong accès et disponibilité : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/02/contre-l-ideologie-de-la-competence-l-education-doit-apprendre-a-penser_1566841_3232.html

[2] El Mouhoub Mouhoud Professeur d’économie à l’université Paris Dauphine : LA CONNAISSANCE : UN BIEN PUBLIC MONDIAL ? , revue ÉCONOMIE et MANAGEMENT ,Juin 2010, n° 136, http://www2.cndp.fr/revueEcoManagement/pdf/136/136_elmouhoudmouhoud.pdf

[3] Michel serres : conférence pour l’INRA : https://www.youtube.com/playlist?list=PL6E3E1B24787ECD62

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cristol denis 15/05/2013

Le texte est très riche et je suis en phase avec une large partie de ce qui est écrit. Il faudrait peut être (puisque vous m'avez demandé mon avis) l'organiser avec des idées fortes sous forme d'intertitres de sous-chapitres pour en faciliter la lecture

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